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Sonntag, 12. November 2023

L'homme parfait

 Elle se fait belle. C'est sa nuit. Elle le sait : elle charme, enchante. Elle sait qu'elle a du pouvoir. Elle est divine.


Elle danse, se montre. Fait espérer. Joue.


Les hommes rentrent en jeu et montrent ce dont ils sont capables. Ils ont du pouvoir aussi.


Elle choisit le plus fort. Le meilleur. Le dominant. Il se situe au-dessus des autres et connaît sa force.


Il l'emmène chez elle, galamment, avec style. Il a tout, la gâte, la porte dans ses bras.


Elle lui montre sa chambre. Il est charmant. Il sait ce qu'elle veut. Il sait ce dont elle a besoin. Il est patient mais fort, puissant, imparable.


Il trouve son entrée. Elle était prête à le recevoir depuis longtemps. Elle l'attendait, elle est curieuse, excitée. Elle s’ouvre, elle s’adoucit, elle fond.


Il va loin. Il y va fort. Il est puissant, énorme, un monstre.


Elle gémit, elle jouit, elle crie. Elle s'abandonne pour ne pas déchirer.


Elle le prend, l'entoure, l'attire, l'aspire, se laisse remplir.


Cela lui coupe le souffle. L'esprit. Elle explose.


Il part.


Elle dort. Pas de mouvement. Une partie de lui reste avec elle, sur elle, en elle. Son odeur, son goût, son toucher, sa voix, des souvenirs tangibles. Elle le sent toujours.


Excitation, aventure, découverte. Quel monde ! C'est déjà fini ? Cela ne devrait pas s'arrêter. Il faudrait continuer. Plus loin! Plus profond! Plus puissant! Passion!


Son mari la laisse dormir. C'était sa nuit à elle. Il va jouer avec les enfants dans le parc. Après une douche, elle savoure le croissant chaud et le café qu'il lui a préparés. Une fleur sur la table. Une note : "Je t'aime, ma reine. Ton roi."


Elle lui est reconnaissante. Elle tremble encore à la pensée de cette nuit. Elle flotte. Son corps est comme dissous. Elle le veut encore. Encore et encore.


Lorsqu'il revient du parc avec les enfants, il l'embrasse tendrement et la prend dans ses bras. "Tu dois être fatiguée, chérie ! Puis-je te masser avant que tu te recouches ?


Elle se blottit contre sa poitrine et ferme les yeux.


Il est là. Pour elle. Toujours. Il l'aime.


Elle le sait. Et cela lui donne la paix et la sérénité. Et le courage et la force pour de nouvelles aventures. Plus loin. Plus fort. Plus terrible. Passion.

Dienstag, 21. April 2020

La désobéissance civile et le confinenement


CherEs amiEs, cherEs concitoyenEs,

Connaissez-vous le concept de la « désobéissance civile » ?
Elle a sans doute été évoquée pas mal pendant le mouvement des gilets jaunes, pendant une période où je n’étais pas en France, donc je ne sais pas à quel point vous êtes familiers avec cette idée.
Alors, pour reprendre aux bases, j’ai envie de vous raconter d’où cela vient, en tout cas selon ce que j’ai appris moi, personnellement.
Le terme en lui-même a été forgé par Henry David Thoreau, un écrivain et philosophe Américain. Il a rédigé tout un essai là-dessus, en 1849, à peu près au même moment que Marx a rédigé son Manifeste communiste (1848). Pendant mes études, j’ai saisi l’occasion de comparer les deux discours, et cela m’a convaincu profondément que la voie libérale et pacifiste de l’Américain est bien plus efficace (à long terme) pour changer le monde que celle proposée par l’allemand – organisée, massive et violente (la révolution du prolétariat). Selon moi, la désobéissance est la seule valable. C’est la voie des Colibris ! Chacun fait sa part.
Thoreau, en 1848, a refusé de payer ses impôts à l’état Américain puisque ce dernier les aurait utilisés pour financer sa guerre contre le Mexique. En plus, Thoreau était généralement contre la politique du gouvernement, qui, à ce moment là, était toujours en train de profiter du système d’esclavage. Thoreau a accepté d’être emprisonné pour cet acte de désobéissance.
On pourrait dire que l’action n’a servi à rien puisque les États-Unis ont fini par gagner cette guerre et le Texas, qu’ils ont annexé du Mexique à cette occasion fait aujourd’hui toujours partie de leur territoire. Si, de l’autre côté, l’esclavage a été abandonné officiellement 18 ans plus tard, on peut légitimement douter de l’impact de l’action de Thoreau.
Mais il y a d’autres impactes que l’on attribue à Thoreau et son concept de la désobéissance civile : Le Civil Rights movement de Martin Luther King et le mouvement de beatniks /Hippies contre la Guerre au Vietnam. Enfin aussi le mouvement de la résistance passive (et pacifique) de Ghandi et l’indépendance de l’Inde de l’Empire Britannique qui en a résulté. Ghandi a, par exemple, incité les Indiens à brûler leurs passeports britanniques et à ne pas suivre les ordres de l’autorité colonisatrice. Le résultat est quand même merveilleux, non !?
On pourrait douter que Ghandi avait besoin de Thoreau pour être inspiré car ce dernier et les autres philosophes Américains de son époque (les transcendantalistes, comme on les appelait) ont de leur côté plutôt été influencés par des courants spirituels venant de l’Inde comme le Bouddhisme, l’Hindouisme mais aussi le Taoïsme. Cependant, Ghandi fait explicitement louange à Thoreau et son essai sur la Désobéissance civile, qu’il a même traduit pour un journal indien.

Pourquoi cela m’occupe l’esprit actuellement et pourquoi ai-je envie de le partager avec vous ?

Parce que je suis actuellement désobéissant aux ordres de l’état français et je me demande, comment je réagirais si un policier m’arrêtait sur mon chemin à la boulangerie et me mettait une amende pour avoir permis à mes enfants de m’accompagner à vélo. Ou s’il m’attrapait à 2,5km de mon domicile en train de faire un footing en pleine nature. Ou s’il n’acceptait pas que je raye la date de la veille sur mon attestation de sortie pour la remplacer par celle du jour même ?
Est-ce que je serais prêt à refuser de payer cette punition injustifiée et insensée à mes yeux ? Est-ce que je serais prêt à supporter d’éventuelles conséquences jusqu’au bout, impliquant éventuellement de devoir payer des frais supplémentaires, qui impacteraient ainsi lourdement sur le budget familial ? Est-ce que je serais prêt à aller en prison et ainsi renoncer à ma liberté personnelle et surtout à négliger mon devoir de père de famille ?
Et si je le faisais, est-ce que cela pourrait avoir une conséquence sociétale et politique ? Est-ce que cela pourrait inspirer d’autres personnes à désobéir à leur tour ? Pour signaler aux autorités que nous ne sommes pas d’accords avec leurs ordres et que nous sommes capables d’agir d’une façon raisonnable et responsable par notre propre conscience ?
Car il ne s’agit pas négliger toutes les mesures et « gestes barrières » mis en place pour gérer la situation sanitaire nationale déplorable. Il s’agit de réclamer le droit d’être traité comme une personne adulte et mature, capable de se comporter de façon civique et citoyenne sans que l’on nous impose des mesures généralisées qui font éventuellement sens dans quelques cas mais certainement pas partout, à tout moment et pour tout le monde.

Une règle doit avoir un sens. L’objectif de toute règle est de gérer le vivre ensemble des êtres humains, en limitant la liberté de certains pour assurer celle des autres.
Ne pas devoir passer une rue quand il y a un feu rouge, par exemple, assure aux autres de pouvoir passer à leur tour, sans risquer un accident. Mais est-ce qu’il est sensé de suivre cette règle toujours, inconditionnellement ? Quand, par exemple, à 4h du matin, vous rentrez chez vous d’une fête. A pied. Vous êtes seulE dans la rue. Il pleut des cordes. Vous arrivez à un feu rouge. Un feu rouge de piéton, évidemment. Pas de voiture. Vous êtes déjà mouilléE jusqu’aux os. Attendriez-vous que le feu passe au vert ? Si oui - bravo ! Vous feriez preuve d’un grand esprit de citoyenneté. (Vous pourriez même demander la nationalité allemande. Ou suisse ;-) )
Si non - bravo ! Vous avez un esprit critique et du courage d’agir d’une façon émancipée. A désobéir. Parce qu’il y a des situations où une règle ne remplit pas sa fonction. Si vous êtes seulE, cette règle ne peut régler le vivre ensemble. Elle n’a pas de sens dans cette situation particulière.
Et même : Elle peut avoir un effet négatif. Imaginez-vous que, en attendant devant ce satané feu rouge (qui semble être défectueux puisque cela fait déjà 20 minutes qu’il reste bloqué sur le rouge), soudainement, vous entendez des coups de feu autour du coin. Des cris. Des agressions. Des pas précipités en votre direction. Et puis le Terminator qui fait apparition… La règle du feu rouge vous empêchera de faire tranquillement la grasse mat’ ce jour là.
Vous trouvez peut-être que je m’emporte. Mais moi, je trouve que certaines règles du confinement valent la comparaison. Restez chez vous – vous sauvez des vies ! Je trouve cela scandaleux de vouloir faire croire aux gens une telle sottise. Respectez des gestes barrières, éviter le contact risqué, confiner des malades, soigner des malades etc. - oui, cela peut sauver des vies. Mais comment peut-on inculquer aux gens d’être fiers de sauver des vies en regardant netflix et youtube chez soi ? Comment je sauverais des vies en évitant un footing tout seul en forêt, 2,5km de chez moi ? En évitant d’aller à la plage ? A la rivière ? A la boulangerie avec mes enfants ? (qui m’attendent toujours dehors en gardant une distance suffisante vis à vis des autres.)
Et même : Il peut y avoir un effet négatif. Si je croyais en cette devise généralisée que je puisse sauver des vies en restant chez moi, j’éviterais de sortir à l’air libre, j’éviterais l’activité physique habituelle, j’affaiblirais ainsi mon système immunitaire. Je nuirais aussi à mon bien-être psychologique. Je me couperais de liens sociaux. Je déprimerais. Je mettrais ma santé en danger, et celle de mon entourage.
Vous savez que la Suède (et plein d’autres pays) ne confine pas ? Même les écoles sont restées ouvertes. Et pourtant, il y a la moitié du nombre de cas et de morts qu’en France (en pourcentage !). https://www.worldometers.info/coronavirus/
J’accorde qu’une comparaison n’est pas toujours utile mais comment cela peut fonctionner en Suède ? Parce que même sans confinement imposé par une autorité, ces êtres humains vivant sur le territoire suédois (semblables néanmoins à ceux que l’on rencontre sur le territoire français) ont une forte volonté de survivre à cette période incertaine. Ils ont également une forte volonté de protéger leur entourage « à risque » d’un danger de mort évitable. Et quand on leur laisse la liberté d’appliquer au bon moment les bonnes règles de vivre ensemble (que l’on leur a communiquées au bon moment d’une façon bienveillante et confiante auparavant) … sans blague - ils le font.
Malheureusement, certainEs (françaisES !) pensent que les françaisES n’en seraient pas capables. Qu’ils ne seraient pas volontairEs pour le faire. Visiblement, les autorités sont de cet avis, par exemple mais pas que.
Je ne suis pas d’accord. La majorité d’entre nous est dotéE d’un esprit raisonnable et responsable. Et cette partie-ci est aussi assez responsable, assez bienveillante et assez capable de raisonner et d’éduquer ceux qui ne le sont pas encore. Ce serait une belle occasion d’apprendre le vivre ensemble d’une façon émancipée et respectueuse.
Je ne réclame pas le retour au stade « normal » actuellement. Je ne réclame pas la liberté de pouvoir aller au Tour de France, au Festival de Cannes ou au Hellfest en ce moment. Je voudrais juste que l’on nous accorde un peu d’égard, un peu de considération et un tout petit peu de droit d’intervention.
Traiter le peuple plus comme de véritables adultes, capables de faire des choix responsables, aiderait aussi à faire baisser la frustration et la tension chez les personnes le plus touchées par ce confinement. (Attention au potentiel dans les cités !)
Avant de finir, j’aimerais revenir sur la Désobéissance civile de Thoreau et un détail important : Parfois, on utilise aussi le titre On the Duty of Civil Disobedience donc Sur le devoir de désobéissance civile. Pourquoi alors, ce serait non seulement une possibilité mais éventuellement un devoir de désobéir au gouvernement ?
Étant donné que nous sommes des personnes dotées d’un esprit raisonnable et mature, capables de distinguer entre ce qui est bien et ce qui est mal ; capables de distinguer entre une règle utile et une règle nuisible pour nous-mêmes et l’ensemble de la population, dans ce cas, aurions-nous le droit de continuer à nous plier à des règles nuisibles ? Juste par peur d’être réprimander? Ou aurions-nous le devoir de nous révolter contre ce que nous reconnaissons comme mauvais ?
De ne pas se rendre en forêt en ce moment ou de remplir une attestation de sortie pour éviter de payer 135€ est relativement facile à accepter. Il faudrait cependant avouer que nous suivons cette règle non pas par une conviction de pouvoir ainsi sauver des vies mais uniquement par pression extérieure. Qu’aurions-nous fait alors à une époque (pas si) lointaine (que ça) où il existait des règles semblables à celle-ci : « Recensement de population ! Signalez aux autorités si vous hébergez des juifs chez vous. Signalez également des voisins qui le font ! Sous peine d’amende de 135€ en cas de négligence. »
Sans connaître l’idée derrière cette règle, sans être convaincuEs de l’utilité de cette règle pour notre propre bien-être, celui des juifs ou celui de l’ensemble de la population … mais avec la menace d’une punition du pouvoir, nous serions-nous plier à suivre cette règle ?
C’est pour cela que Thoreau nous parle du devoir morale de désobéir au gouvernement quand nous nous rendons conscients que celui-là dévie du bon chemin, peu importe si c’est par inadvertance, ignorance ou (mauvaise) intention.
Ceci est notre pays (ou le vôtre) et non pas celui du gouvernement. La fonction du gouvernement est de gérer (au mieux) le vivre ensemble et les ressources du pays (nos ressources !). Quand nous estimons que ceci n’est pas le cas, nous devrions alors désobéir et exercer notre droit (et notre devoir !?) d’intervention.

Ceci n'est pas sensé être une incitation à la désobéissance civile mais une incitation à la réflexion personnelle et à la prise de conscience.

Merci pour votre attention !

Freitag, 25. Januar 2008

Une première conception de la théorie des trois stades (WS 2005/06)

L'optimisme vs. l'optimisme (...)

Hier, j'ai encore entendu dire que les experts confirment de nouveau que la situation écologique est beaucoup plus grave qu'on ne l'estime. Dans quelques années, la température moyenne sur la terre aura tellement augmenté qu'il y aura des conséquences catastrophiques, comme on les voit d'ailleurs de nos jours sans être obligé de faire beaucoup d'efforts.
Vaut-il mieux dans la vie être optimiste ou pessimiste ? Est-il même toujours possible d'être optimiste ? De ne pas perdre tout l'espoir en l'humanité, en soi, qui fait partie de l'humanité ?
Être pessimiste veut dire avoir perdu l'espoir ou bien ne l'avoir jamais eu. Mais espoir en quoi, en fin de compte ? Que tout est bien, tout le monde est de bonne foi, tout le monde s'entend bien et que tout finira bien ? C’est cela peut-être dont Guyau parle en nommant l'optimisme « béat » (https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Guyau_-_Esquisse_d%E2%80%99une_morale_sans_obligation_ni_sanction.djvu/21) .
Mais, il existe aussi une autre sorte d'optimisme. Un optimisme avancé, plus mature que l'autre. Les pessimistes croient les optimistes naïfs, ignorants, candides. Ils pensent que l'optimisme ne pourrait guerre exister si on savait toutes les méchancetés incroyables existant dans le monde. Quelqu'un qui est optimiste peut seulement l'être s'il ne sait pas tout ou ne veut pas le voir.
Les pessimistes, qui aiment bien s'appeler des 'réalistes' voient les optimistes comme leurs pères les voyaient eux-mêmes quand ils étaient enfants : d'une pitié paternelle, comme pour dire : « Profite bien de ta jeunesse pendant que tu ne connais pas encore les gouffres du monde. Malheureusement, ce sera bientôt fini. Mais, je suis content pour toi, pendant que cela dure. Mon pauvre enfant. »
En étant désolé pour les ignorants, les pessimistes sont en fait désolés pour eux-mêmes. Parce qu’ils n’ont pas d’espoir, ils se consolent en se disant qu’ils voient plus que les optimistes, sont en pas en avance, savent déjà que Dieu ne peut exister. Comment pourrait-il accepter les atrocités existantes ? Mais l’optimiste savant connaît les peurs des pessimistes. Il est conscient des viols, des meurtres, des cruautés, même de ceux dont il n’a jamais entendu parlé. Parce qu’il peut se les imaginer. Parce que lui aussi, il est humain. En lui-même, il a la capacité de tuer, de violer, de massacrer. Il ne ferme pas les yeux de l’obscurité humaine, de son obscurité à lui-même. Il connaît le pessimiste en lui et l’accepte, l’embrasse. Parce qu’il sait qu’il existe mais que cela n’est pas tout ce qui existe. Il y a d’autres solutions, d’autres possibilités. Juste parce qu’un humain a le pouvoir, la capacité de tuer son frère, cela ne veut pas dire qu’il est obligé de le faire. Mais si on ne veut pas voir ses vices, on ne peut pas y travailler et un jour ou l’autre, ils vont nous écraser.
Le pessimiste n’a pas reçu la joie de vivre de ses parents et n’a pas pu la trouver lui-même plus tard. Un optimiste mature est conscient qu’il y aura des problèmes mais il voit plus loin que cela. Alors que le pessimiste suppose que l’optimiste ne voit pas le problème (l’optimisme béat), le véritable optimiste voit le problème mais n’en est pas dévasté avant de l’avoir attaqué.
Après l’optimisme enfantin vient le stade du pessimisme. Mais dans un processus de maturation qui se poursuit, on arrive éventuellement au stade de l’optimisme mature. Cela est valable pour l’individu mais aussi pour l’humanité entière.
Revenant à la situation actuelle : Il y aura certainement des catastrophes climatiques, des crimes, des guerres, probablement même nucléaires. Des êtres mourront par la main de l’homme. Mais, on se développe. On ne reste jamais les mêmes parce que le temps ne s’arrête pas. Et un jour ou l’autre on deviendra sage et on comprendra, comme on comprend déjà aujourd’hui plus qu’avant.
Et si c’est trop tard parce que les humains se sont piégés et que la terre est déjà perdue quand on comprendra, l’optimiste et le pessimiste devront l’accepter et seront enfin du même avis : « C’était quand même une expérience. » Et la vie ne peut pas être plus que cela.
L’optimiste ne peut pas perdre l’espoir parce qu’il sait qu’il a déjà reçu tout ce qu’il peut recevoir. Une expérience, et il en est content. Le pessimiste n'en voit pas encore sa valeur.

optimiste béat : content puisqu’il croit pouvoir préserver la terre
pessimiste : mécontent puisqu’il ne croit pas pouvoir préserver la terre
optimiste mature : content, même en n'étant pas sur de pouvoir préserver la terre

d'autres exemple :
1) naissance/ enfant sage, 2) adulte méfiant, 3) vieux sage/ mort
1) paradis/nature, 2) humanité/culture, 3) retour au paradis/ nature culturelle/ culture naturelle ?
1) ignorant qui fréquente nazis/ "mauvaises personnes", 2) savant qui ne les fréquente pas, 3) sage qui les fréquente quand même
1)
Jankélévitch sur l'ironie/l'humour : 1) naïf, 2) semi-habile, 3) habile
aussi bien H. Heine :"Ein Kluger bemerkt alles, ein Dummer macht über alles eine Bemerkung." ( 1) Ignorant, der nichts bemerkt und demzufolge auch nichts kommentiert. 2) Dummer, der alles kommentiert, was er bemerkt. 3) Kluger, der alles bemerkt und nichts kommentiert.

Axiom/Prémisse : A Stade 1 ressemble superficiellement au stade 3
B Pour passer au stade 3, il faut passer par le stade 2. On ne peut pas passer directement du stade 1 au stade 3


Donnerstag, 20. Dezember 2007

email a Baudelaire

Rédigez une ou plusieurs pages de "critique créative" sur un poème que vous aimez !

L’ALBATROS (Charles Baudelaire)

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poëte est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.



à : charles@azur.fr
de : theofil@liebe.de
sujet : Merci pour tes poèmes !

Salut mon cher Charles,

Tu vas bien? Je l'espère. Tout d'abord mille mercis pour tes poèmes. Cela fait longtemps que je ne t'en ai pas parlé (J'ai vraiment beaucoup de choses à faire cette année... - c'est dur le français!), mais sincèrement: j'y pense souvent et ils me font beaucoup plaisir! Même si on a une vue différente des choses, on se comprend en fin de compte. Et en fait: C'est la différence qui rend notre relation enrichissante.
Bref, tes poèmes: extraordinaires! Un nouveau monde que je découvre. J'adore me plonger dans leur atmosphère - si je sais que j'en ressurgis après - avec de nouvelles connaissances!
Mais, il y en a un (parmi ceux que j'ai déjà lus) que j'aime moins: "L'Albatros". Pas au niveau esthétique! J'aime bien son rythme d'abord ralenti et traînant, puis enragé et haché et enfin posé de nouveau mais déçu / désespéré / triste. Le vocabulaire me semble noble et grave (Mon mot préféré est "naguère", le plus moche sûrement "brûle-gueule"!), la structure harmonieuse malgré ou plutôt grâce aux ruptures expressives.
C'est son message qui me dérange et comme je sais qu'il s'agit d'un message qui te tient au cœur, il faut que je te dise ce que j'en pense. C'est difficile et en fait, ça touche la vision de la vie la plus profonde. Il est vrai que j'aimerais bien te convaincre mais je n'ai pas l'intention de ne rien forcer: Je t'aime comme tu es.
Tout d’abord : c'est compréhensible ce que tu dis et je peux le sentir, ton malaise, ton mépris, ton orgueil, spécialement quand je pense à ta situation familiale. Excuse-moi, si je fais de la psychologie à deux centimes, mais je ne prétends pas que ce soit juste à tout prix ce que je dis. En même temps je pense vraiment que c'est l'amour maternel que j'ai reçu abondamment qui me permet de voir les choses plus 'optimistes' que toi (base de vie, confiance, rassurance, sentiment d'être aimé sans condition etc.). Mais en fait, au moins sur un niveau rationnel, tu me comprends et peut-être, à un moment donné ou tu trouves que toi aussi, tu es un être qui mérite d'être aimé sans conditions, juste pour ce que tu es, tu peux peut-être l'intérioriser au niveau émotionnel également... .
Alors, comment commencer? Peut-être quand même avec cette strophe que j'ai écris tôt ce matin comme une sorte de réponse à ton poème:

Le prince divin, pour embrasser son archer,
Descend de l'azur, gagne ainsi en profondeur.
Il supplie son frère de lui apprendre à marcher
D'une façon ou d'une autre, l'homme est Créateur.

Excuse d'éventuelles mal expressions, s'il te plaît (je ne suis qu'un jeune aigle, qui essaye d’imiter l’Albatros et qui arrive seulement à faire un coq mal coiffé ... ), mais le principe devrait être 'transporté'.
En fait: Tu le dis toi même dans ta préface:
"- Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère."
Attention, syllogisme : "Hypocrite lecteur, mon semblable"; lecteur = toi ; "Le poëte est semblable au prince des nuées"; toi = "prince des nuées" donc: Le lecteur est semblable au "prince des nuées". D'une manière ou d'une autre… Vue de l'autre côté, le poète s'est retrouve au même niveau que le lecteur.
Tu y consens sûrement. Et ce n'était probablement jamais la question. Mais si maintenant chaque homme du monde est un lecteur potentiel, cela ferait par conséquence de "l'archer" et de tous "les hommes d'équipage" tes frères. Et tout d'un coup, je pourrais te dire: Tu te trompes: Ils ne rient pas sur toi, ils rient avec toi! (banal, oui, mais il y a quelque chose de vrai…) C'est toi seul qui se trouve "gauche et veule". Les autres ont des problèmes à marcher eux même: celui dont tu croyais qu'il te mimait - il boitait pour de vrai! Et celui avec le "brûle-gueule" – il voulait partager son haschisch avec toi.
C'est vrai qu'ils veulent s'amuser. "C'est l'ennui! […] ce monstre délicat" qui les tue. Donc, ils t'appellent, te demande de les reconnaître comme des frères pendant leur long voyage seul. Ils te demandent de descendre chez eux pour vivre ensemble à travers les "gouffres amers". En allemand, il y a le proverbe "Wir sitzen alle in einem Boot." – "Nous sommes tous dans la même barque."
Sauf toi. Tu suis indolemment. Tu te ris d'eux. Tu te fuis dans l'azur, tu vols. Tu vis dans les paradis artificiels ou dans l'azur. Et pourquoi? Parce que tu sais très bien voler et tu ne sais pas bien "marcher". Et tu es trop orgueilleux pour vouloir te sentir "comique et laid". Cela te fait honte qu'un simple homme d'équipage se prend le droit de rire de toi. Parce qu'au fond de toi-même tu te sens supérieur par rapport à lui.
Et maintenant on peut dire que tu as raison: Il est vrai que les hommes ne sont pas bienveillants avec toi, qu'ils sont méchants avec toi, qu'ils t'en veulent. Mais ils ont une raison (même s'ils n'ont pas raison): ils sentent ton orgueil, ils sentent que ta modestie n'est qu'une farce que tu abandonne dès que tu te fuis dans l'azur ou tu es supérieur. C'est une modestie forcée parce que tu ne sais pas marcher. Si tu le savais mieux que tous les autres tu pouvais te rire d'eux comme de l'azur. (En même temps …: Cela te permettrais peut-être de devenir authentiquement modeste…)
Ne me comprends pas mal! Arrête-moi si je me trompe… . Mais sérieusement: Je crois pouvoir te dire tout cela parce que je sens au fond de moi-même que je te suis "semblable" . Et je suis aussi conscient que je peux me tromper. Que tout cela n'est plus ou moins pas plus qu'une pure spéculation basée sur relativement peu de chose. Mais je continue quand même, d'abord pour mon plaisir et peut-être qu'il se trouve quand même un petit bout de vérité dans ce que j'explique.
Peut-être que tu avais senti comme je te l'ai reproché autrefois et maintenant tu es d'un autre avis. Peut-être que tu ne t'es jamais senti supérieur et tu ne t'es jamais fuit des hommes ordinaires, tu ne les as jamais méprisés, même pas les plus viles. Dans ce que cas-là, je t'ai mal compris et en plus j'ai confessé pour moi-même qu'il me manque 'souvent' le courage de me 'rabaisser' (au sens de Bakhtine commentant l'œuvre de Rabelais) assez pour pouvoir ressentir de la joie en parlant avec un simple homme d'équipage (notamment par cette peur que tu connais aussi…).
Néanmoins: "Ses ailes de géant l'empêchent de marcher" ne peut en aucun cas être vrai. Car premièrement, il y en a d'autres qui ne savent pas marcher et qui n'ont pas d'ailes (les hôpitaux psychiatriques en sont pleins) ou des ailes toutes petites (comme par exemple Herr Spinell de Frau Klöterjahn (que tu ne connais peut-être pas mais l’autre face de la double destination)). Et deuxièmement il y en a avec "des ailes de géant" qui savent très bien marcher. Comme je ne suis pas un grand connaisseur de littérature, je ne pourrais te nommer que quelques uns (Rabelais, La Fontaine, Diderot…) mais nous avons un exemple juste devant nos yeux: Notre copain Victor. Tu es d'accord, non?!

Salut Charles!
Je reprends mon email après deux jours de repos (bien remplis de travail). Et je suis très content que je ne pouvais pas finir l'autre jour et que je n'ai pas encore envoyé l'email. Parce que pendant ces deux jours j'ai compris ce que je n'ai pas compris pendant quatre ans auparavant. Ton poème est beau et parfait. Et quant au 'message': Il n'y en a pas. Un poème avec un message n'est pas un poème. Et quant au contenu: Tout est là. Merci beaucoup! Je n'avais pas tout vu. Je me suis arrêté où j'ai cru que tu t'étais arrêté. Seulement en t'écrivant, L'Albatros m'a fait voir mon orgueil et mon hypocrisie à moi (Ne reproche-t-on pas toujours aux autres ce que l'on se cache le plus en soi-même? (Danke, Sigmund !)).
Oui, le poète est orgueilleux. Mais il en a le droit! Non pas parce que c'est justifié mais parce qu'il n'a pas à se justifier. Puisqu'il est un homme (et c'est toi qui le dit). Et l'homme n'est pas parfait (au moins pas selon la notion courante). Il a le droit d'avoir des 'fautes', comme tous les autres "hommes d'équipage". Et si le poète est divin, il est homme aussi. L'homme en soi est divin en fin de compte.
Le paradoxe dans ton œuvre n'en est pas un. Tu en étais conscient? Si tu ne l'étais pas au moment de l'écriture, tu l'es sûrement devenu après.
En plus: Le poète est orgueilleux obligatoirement, au moins celui qui écrit. Pourquoi sinon, croirait-il pouvoir améliorer le blanc parfait avec des mots? Écrire, c'est agir? Peut-être.
Par contre: il y en avait qui ne le faisaient pas. Socrate par exemple. Ou, bien entendu: notre cher Jésus, frère d'Hitler et véritable poète de l'action et de la vie. On l’a mal compris (ou mal traduit peut-être ; ce qui expliquerait pourquoi l'idolâtrie que l'on appelle Christianisme (et qui sert aux loups comme instrument idéal pour s’élever de braves moutons) est surtout populaire chez ceux qui ne comprennent pas l'hébreu...) et il se tournerait dans sa tombe, pourrait-il voir comment l’écriture a pu corrompre sa cause humaniste.
Oui, il se comprenait comme fils de Dieu. Mais pas d'une manière différente que le reste de nous! Il ne les appelait pas frères simplement pour les flatter! Je ne crois pas qu'il nous voyait tous égaux juste sur un certain niveau mais sinon il se sentait divin, lui tout seul, et supérieur (et si oui, c'est lui qui s'est trompé…). Chaque homme est un fils de Dieu, chaque femme est une fille divine.
Nous sommes Dieu. (Comme le reste de l'univers.)
Mais je me laisse aller. Revenons à L'Albatros: ta dernière ligne non plus n'est pas non plus si fausse que je l'ai pensé. Peut-être que elle ne vaut pas pour Victor ou d'autre (ou bien elle ne vaut pour eux que rarement) mais cela peut bien être le cas pour toi et pour d'autre. En tous cas, elles peuvent être dérangeantes si l'on n'a pas appris de les manier sur le sol. D'un autre côté: Peuvent-elles peut-être même aider à marcher d'une manière différente et (donc) belle? On ne va pas le savoir si l'on n'apprend pas à marcher… - en marchant!
Bon, mon cher Charles, je te laisse pour l'instant. Faut que j'aille 'cultiver mon jardin'… .
Sinon, je t'invite 'avec insistance' de venir nous rendre visite. Nous pourrions essayer d'aller surfer " sur les gouffres amers" et éventuellement boire un petit coup le soir dans les rues de Bayonne (pas d'abus! ). Anki aussi serait très contente de te revoir! (Elle est d'ailleurs Sagittaire, cette archer qui m'apprend d'aimer. Et, 'selon les astrologues', cela va très bien ensemble avec Lion…)

J'ai beaucoup hâte de ta réponse! Remontre-moi mon orgueil mais surtout fais-moi simplement le plaisir de me faire comprendre que tu vas bien.
J'espère qu'à très bientôt, ton ami Mika.